Pour de nombreuses équipes et sports, l’actu c’est bien évidemment la fin de saison. Une période importante pour tout le staff. Focus cette semaine sur l’entretien de fin de saison. Il me semble qu’il est tout simplement clé ! L’entraineur qui ne prend pas le temps de...
Articles récents
Décider sous pression en temps réel : ce qui se passe dans le cerveau du coach au bord du terrain
Mon actu cette semaine, c'est une situation que je vis régulièrement dans ma pratique, racontée par les entraineurs que j’accompagne. Match serré. L’équipe qui perd, et un fait de jeu s’ajoute. Une décision à prendre. En quelques secondes, tout se joue. Pas dans un...
Quand un joueur remet en question les décisions du coach en public
Mon actu cette semaine, c'est une situation qu’on m’apporte de + en + souvent dans ma pratique : un joueur exprime, en dehors du vestiaire, son désaccord avec une décision tactique. Une titularisation contestée. Une stratégie critiquée. Et cette prise de position ne...
Quand nos émotions portent un masque
Une séance de coaching m’invite à évoquer cette semaine une idée centrale et très fine de la pensée de Tomkins : certaines émotions sont « autorisées » alors que d’autres doivent être à tout prix refoulées. Pourquoi est-il plus facile de dire « je suis énervé » que « je suis triste » ? Et bien cette question, Silvan Tomkins l’a posée bien avant nous, avec une idée intéressante : nous n’exprimons pas toujours l’émotion que nous ressentons vraiment. Et ce n’est pas un hasard.
Psychologue américain du XXe siècle, Tomkins est peu connu du grand public. Pourtant, sa Théorie des affects a influencé de nombreux domaines : la psychologie, la pédagogie, les sciences sociales …
Une petite révolution dans la psychologie des émotions
Dans sa Théorie des affects, Tomkins affirme que les émotions de base (ou « affects ») sont biologiques et universelles, mais que leur expression est fortement influencée par la culture et le contexte social.
Nous disposons tous des mêmes affects, mais nous ne leur donnons pas la même place, ni la même « valeur ».
👉 Certaines émotions sont plus socialement tolérées, voire valorisées.
👉 D’autres sont perçues comme faibles, inconfortables, ou dangereuses.
Résultat ? Nous apprenons, souvent inconsciemment, à cacher certains affects derrière d’autres.
Un exemple concret ici : la colère vs la tristesse.
Imaginons : une personne ressent une profonde tristesse (affect : détresse). Mais dans son environnement, la tristesse est perçue comme une faiblesse. Elle apprend donc à exprimer de la colère (rage), une émotion plus « acceptable » ou « légitime ».
L’affect exprimé (ici la colère) ne reflète pas l’affect ressenti (tristesse).
Tomkins appelle ce phénomène un « masquage« . Et ce mécanisme peut se mettre en place très tôt dans la vie, en fonction de l’éducation, du genre, du contexte familial ou culturel. Il est engrammé. Le cerveau a créé une autoroute pour lui. Il s’active de manière complètement « automatique » et inconsciente.
Ce que ça change dans notre rapport aux émotions
Postuler cette théorie, c’est :
- Accueillir une émotion sans se fier uniquement à son apparence,
- Questionner ce que l’autre ressent, au-delà de ce qu’il montre.
Silvan Tomkins nous invite à voir les émotions non pas comme de simples réactions, mais comme un langage + profond parfois camouflé.
On entend qu’il faut « gérer ses émotions ». Les maîtriser, les canaliser, ne pas se laisser déborder. Mais le fait est que l’émotion exprime un besoin et que la nier durablement est dangereux pour la santé mentale. (Un sujet en soi que je pourrais développer.)
J’évoquerais plutôt dans la « gestion des émotions » la question de l’adaptabilité : l’émotion que je ressens est-elle adaptée au moment que je vis ? Et la gérer pour maitriser le moment, n’empêche pas de la traiter ensuite ! Mais dans ce traitement à postériori, la théorie de Tomkins nous invite donc à voir peut-être au-delà de l’émotion exprimée.
Une émotion, aussi inconfortable soit-elle, porte un message. Elle nous informe de quelque chose. Il ne s’agit pas de tout analyser en permanence. Mais simplement de s’ouvrir à la possibilité que derrière l’émotion visible, il y a parfois une autre émotion – plus enfouie, plus vraie – qui parle d’un besoin profond.
Et c’est là que naît une autre forme de liberté : pas celle de « contrôler » ce que l’on ressent, mais celle de comprendre d’où ça vient, et décider de comment l’utiliser.